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Ibogaine

L'IBOGAINE dans le traitement des troubles chimiques de dépendance
les perspectives cliniques

H.S.Lotsof ; NDA International, Inc.

traduit de l'anglais par G.S ,
apparu dans <www.iboga.org>


Dédié au travail de J.Bastiaans et N.Adriaans, en mémoire de N.Kribus

L'ibogaïne n'est pas un substitut aux narcotiques ou stimulants, elle n'entraîne pas de dépendance et est administré en une seule fois (SAM : single administration modality).

Elle est un interrupteur de la dépendance chimique.

Un nouveau traitement peut occasionnellement être requis jusqu'à ce que les gens traités avec l'ibogaïne soient capables de supprimer certaines réponses conditionnées liées aux effets des drogues.

Les premières données suggèrent que pour beaucoup de patients, une période d'environ deux années de traitements intermittents peut être nécessaire pour atteindre le but de l'abstinence long-terme de narcotiques et stimulants.

La majorité des patients traités avec l'ibogaïne restent libres de toute dépendance chimique pour une période de trois à six mois après une seule dose.

Environ dix pour-cent de patients restent libres de toute dépendance chimique pour deux années ou plus après un seul traitement à l'ibogaïne.

Un pourcentage égal retourne à l'emploi de drogue deux semaines après le traitement.

Les administrations multiples d'ibogaïne sur une certaine période sont généralement plus efficaces en prolongeant les périodes d'abstinence.

Il faut noter que vingt-neuf des trente-cinq patients traités avec succès à l'ibogaïne avaient eu de nombreux échecs avec de l'autres traitements.

UN BREF HISTORIQUE

L'ibogaïne est un alcaloïde naturel trouvé dans la Tabernanthe iboga et d'autres espèces de plantes du Centre-Ouest de l'Afrique.

Son efficacité a été signalée pour la première fois dans l'interruption des troubles liés à la dépendance aux narcotiques opiacés dans le brevet U.S. 4,499,096 (Lotsof, 1985), "cocaine dependance disorders", brevet U.S. 4,587,243 (Lotsof, 1986) et "poly-drug dependence disorders", brevet U.S. 5,152,994 (Lotsof, 1992).

L'étude initiale démontrant les effets de l'ibogaïne sur la dépendance à l'héroïne et la cocaïne était conduite dans une série d'expériences de groupe en centre par H.S. Lotsof en 1962 et 1963.

Les données supplémentaires sur les aspects cliniques de l'ibogaïne dans le traitement de la dépendance chimique étaient rapportés par Kaplan (1993), Sisko (1993), Sanchez-Ramos & Mash (1994), et Sheppard (1994).

Antérieurement à l'évaluation de l'ibogaïne pour l'interruption de diverses dépendances chimiques, l'emploi de l'ibogaïne était signalé en psychothérapie par Naranjo (1969, 1973) et au Premier Congrès International sur l'ibogaïne tenu à Paris (Zeff, 1987).

L'emploi des plantes contenant de l'ibogaïne a été rapporté depuis longtemps en Afrique de l'Ouest dans la pratique religieuse et dans la médecine traditionnelle (Fernandez, 1982; Gollnhofer & Sillans 1983, 1985).

Un condensé de l'histoire des recherches sur l'ibogaïne et son utilisation a été publié par Goutarel et al.(1993).

Son efficacité dans le traitement de la dépendance aux opiacés, cocaïne et alcool sur des sujets humains fut démontrée dans des études précliniques réalisées par des chercheurs aux États-Unis, Pays-Bas et Canada.

Dzoljic et al. (1988) furent les premiers chercheurs à publier la capacité de l'ibogaïne à faciliter le sevrage aux narcotiques.

Stanley D.Glick et al. (1992) à Albany Université Médicale publièrent la recherche originale et une revue du domaine concernant l'atténuation des effets du sevrage narcotique.

Maisonneuve et al.(1991) déterminèrent les interactions pharmacologiques entre ibogaïne et morphine, et Glick et al. (1992) rapportèrent l'aptitude de l'ibogaïne à réduire ou interrompre l'auto-administration de la morphine chez le rat.

Woods et al.(1990) trouvèrent que l'ibogaïne n'agissait pas comme un opiacé, et Aceto et al.(1991) établirent que l'ibogaïne ne provoquait pas de signes de sevrage et ne causait pas de dépendance.

Cappendijk et Dzoljic (1993) publièrent l'effet de l'ibogaïne dans la réduction de l'auto-administration de la cocaïne chez le rat.

Broderick et al.(1992) firent la première publication sur l'aptitude de l'ibogaïne à inverser l'accroissements de l'induction de la dopamine par la cocaïne et ultérieurement rapportèrent la réduction par l'ibogaïne de l'activité motrice induite par la cocaïne et autres effets (1994).

Les recherches de Broderick et al.(1992), montrèrent que l'ibogaïne réduisait les stimulations motrices induites par la cocaïne chez la souris.

Sershen (1993) démontra aussi que l'ibogaïne réduisait la consommation de cocaïne chez les souris.

Glick (1992) et Cappendijk (1993) découvrirent dans le modèle animal que les administrations multiples d'ibogaïne dans le temps étaient plus efficaces qu'une dose seule pour interrompre ou atténuer l'auto-administration de morphine et cocaïne, confirmant les résultats de Lotsof sur des sujets humains (1985).

Popik et al.(1994) définirent l'ibogaïne comme un inhibiteur efficace de la liaison du MK-801 au récepteur NMDA

Le MK-801 a été démontré comme atténuant la tolérance aux opiacés (Trujillo & Akil 1991) et alcool (Khanna et al. 1993).

Les effets de l'ibogaïne sur la dopamine et le système dopaminique (la dopamine est une substance supposée être responsable du renforcement des effets de plaisir des drogues) étaient trouvés par Maisonneuve et al.(1991), Broderick et al.(1992) and Sershen et al.(1992).

L'ibogaïne se fixant au récepteur kappa des opiacés était rapportée par Deecher et al.(1992).

Ainsi nous commençons à voir un large spectre des mécanismes par lesquels l'ibogaïne peut modérer l'emploi de substances aussi diverses que narcotiques, opiacés, stimulants et alcool.

LA PRATIQUE CLINIQUE

Les effets du traitement à l'ibogaïne sont étudiés dans trois catégories: aigu, intermédiaire et long-terme.

L'effet aigu et les effets intermédiaires ont parfois été classés en effets et post-effets. Les deux effets majeurs de l'ibogaïne sont l'aptitude à interrompre la "retraite" des narcotiques et stimulants, et l'atténuation ou l'élimination du besoin impérieux de continuer à chercher et employer opiacés, stimulants et alcool (Lotsof 1985, 1986, 1989).

La connaissance concernant l'emploi de l'ibogaïne pour traiter la dépendance à l'alcool est limitée à:

1.un seul alcool auquel est dépendant le patient 2.l'atténuation et, en certains cas, la cessation de l'emploi de l'alcool chez des personnes traitées pour des problèmes de dépendance à plusieurs drogues.

L'aptitude de l'ibogaïne à traiter la dépendance à la nicotine (Lotsof, 1991) a été observée chez des sujets poly-dépendants traités principalement pour l'emploi d'opiacé et/ou de cocaïne.

En revoyant l'emploi de l'ibogaïne, il y a certaines considérations générales qui s'imposent:

Les obligations premières de l'équipe de traitement sont quadruples:

1.gagner la confiance du patient, 2.entretenir le confort du patient, 3.assister le patient dans l'interruption de sa dépendance chimique, 4.assurer le soutien psychosocial par le réseau nécessaire à la majorité de patients pour leur permettre de développer un sens de l'accomplissement personnel et l'aptitude à fonctionner comme membres productifs de la société. C'est le procédé de la communauté Hollandaise de traitement prise comme référence.

Dans la procédure Lotsof, pour laquelle un manuel est maintenant préparé, le conflit qui apparaît habituellement entre le médecin et son patient sur la cessation immédiate de l'emploi de drogue n'a pas lieu d'exister.

Les patients sont autorisés, s'ils sont narco-dépendants à continuer leur emploi de narcotiques jusqu'à une certaine période précédant le traitement à l'ibogaïne.

Il n'y a aucun conflit sur l'emploi de l'opium avant le traitement, car notre position est que l'ibogaïne d'une façon ou d'une autre travaillera à interrompre la dépendance chimique ou que rien ne se passera.

Les patients dépendants de stimulants ne sont pas maintenus sous stimulants et cela n'a pas créé de problèmes pour les patients ou le personnel médical.

Avant que nous entamions le traitement à l'ibogaïne en milieu hospitalier, les patients dépendants étaient autorisés à employer leur approvisionnement personnel de narcotiques jusqu'à la soirée précédant le traitement.

Maintenant, pour les séances d'administration de l'ibogaïne en hôpital, le patient narco-dépendant est maintenu sous médicaments prescrits par son médecin durant les trois à cinq jours d'admission précédant leur traitement à l'ibogaïne.

Même dans ces circonstances, la méfiance du patient envers l'établissement médical et la crainte extrême de se retrouver en manque a provoqué la contrebande de narcotiques en milieu hospitalier.

Afin de protéger le patient de possible overdose aux narcotiques, stimulants ou autres drogues, un examen physique complet est exécuté sur tous les patients à leur admission.

Un examen et une recherche de ce que possède le patient avant le traitement à l'ibogaïne a deux importants objectifs:

Le premier, doit limiter la possibilité d'overdose accidentelle due à des drogues dissimulées. Le second est de fournir une compréhension complète de l'état de santé du patient. En effet, beaucoup de gens demandant un traitement pour la dépendance chimique ont masqué les divers et souvent nombreux problèmes médicaux depuis des années ou décennies par une automédication avec des drogues illicites.

LES EFFETS

Les effets immédiats de l'ibogaïne sont intenses. La réaction initiale est habituellement notée dans quarante-cinq minutes suivant l'administration orale.

Les effets pleins sont généralement évidents dans les deux heures à deux heures et demie.

La première indication subjective pour le patient de l'effets de l'ibogaïne est un envahissant son oscillant. Le patient tend à se coucher et, s'il demande à rester debout ou à marcher, apparaissent des signes d'ataxie.

Le protocole pour la "Procédure Lotsof"(SM) stipule que le patient doit rester au lit avec le moins possible de mouvements pendant l'administration de l'ibogaïne. C'est parce que des nausées associées à l'emploi de l'ibogaïne semblent être liées au stade tardif (ceci plus de quatre heures après l'administration) et/ou, éventuellement, à une réaction psychosomatique à une expérience vécue comme traumatique.

En plus de garder le patient le plus calme possible, nous employons un anti-nauséeux non-phenothiazinique car les phenothiazines peuvent interférer avec les propriétés psychoactive de l'ibogaïne.

Si les vomissements perdurent deux heures et demie après l'administration de l'ibogaïne, un examen des substances régurgitées doit être fait afin de déterminer combien d'ibogaïne peut avoir déjà été absorbée par le patient. Une infusion rectale d'ibogaïne peut compenser la portion perdue de la dose s'il n'est pas possible pour cette dose d'être administrée oralement.

L'administration rectale doit survenir seulement si le patient a préalablement consenti à ce mode de traitement.

LA VISUALISATION

Un des effets principaux de l'ibogaïne durant la première phase est de produire un état qui provoque des rêves, bien que le sujet soit pleinement réveillé et ait l'aptitude de répondre aux questions du personnel traitant.

La plupart du temps, les personnes sous l'influence d'une dose thérapeutique d'ibogaïne ne désirent pas parler. Ils préfèrent au contraire concentrer leur attention sur les représentations visuelles des souvenirs ou des phénomènes qu'ils éprouvent. Ces phénomènes ont été notés comme ayant des connotations Freudiennes et Jungiennes.

La représentation visuelle est rapide. Quelques patients l'ont décrite comme un film défilant à haute vitesse.

D'autres la décrivent comme un spectacle de diapositives, chaque diapositive contenant une image d'une circonstance ou d'un événement spécifiques à la vie du spectateur.

Dans l'un ou l'autre cas, la représentation visuelle est si comprimée et bouge si vite que distraire le patient, même pour un court instant, peut interférer avec le processus d'abréaction.

Donc, durant la phase primaire de traitement à l'ibogaïne, l'intrusion du personnel médical doit être maintenue à son minimum.

PRESSION SANGUINE

De la première à la cinquième heure il y a une hausse modérée de la pression sanguine de dix à quinze pour-cent, associée en certains cas à une baisse du pouls.

Les changements les plus significatif surviennent entre une heure et demie et deux heures et demie après l'administration de doses thérapeutiques d'ibogaïne.

Dans de nombreux cas, les taux de palpitations sont élevés en raison de l'anxiété du patient.

En deux occasions, des personnes avec une hypertension transitoire ont été traitées.

Dans un de ces cas la pression sanguine revint aux niveaux normaux durant le premier et deuxième stade du traitement.

Le second hypertendu montra un petit changement à une dose thérapeutique de 23 mg/kg mais montra des changements significatifs en deux occasions avec seulement un 1,6 mg/kg de dose d'essai.

Les deux doses de 1,6 mg/kg furent appliquées en raison de notre inquiétude sur le patient hypertendu. Il avait été traité auparavant avec une dose de 18 mg/kg par la "Dutch Addict Self-Elp" (DASH) avec aucun résultat négatif apparent. Cela allégeait quelque peu notre souci pour la sécurité du patient.

Les variations des réactions individuelles de chaque patient doivent être prévues.

LA SÉCURITÉ DES PATIENTES

Une patiente de 24 ans traitée avec l'ibogaïne pour la dépendance chimique mourut de causes non diagnostiquées aux Pays-Bas.

Bien que son autopsie ne déterminait pas la cause de la mort, elle montrait des niveaux d'ibogaïne de 0,75 mg/litre dans le sang.

Ce niveau n'a pas été démontré comme toxique, ni dans la recherche animale, ni dans notre expérience humaine préalable.

A la suite de cette mort et du décès antérieur d'une suisse qui recevait de l'ibogaïne durant une séance de psychothérapie (totalement indépendante du programme de recherche du NDA), la FDA exclut les femmes des procédures cliniques actuelles ayant lieu à l'université de Miami. Cependant, la décision de la FDA est contraire aux principes de Institut National de Santé.

Les principes voudraient, au contraire, l'inclusion des femmes aux séances d'essais cliniques, afin de déterminer les règles de sécurité pour elles.

Trente pour-cent des patients de NDA International sont des femmes qui n'ont pas montré d'effets négatifs à la prise d'ibogaïne ni durant ni après le traitement.

Cependant, considérant toutes les circonstances, la Procédure devrait être gérée seulement en hôpital ou en clinique avec le patient sous observation médicale continue.

Un programme international de recherche se développe actuellement afin de déterminer une hypothèse pour la cause de la mort de la femme aux Pays-Bas. Nous cherchons une coopération du gouvernement suisse concernant l'autre mort. Les résultats de cette recherche peuvent faciliter la définition d'un critères d'exclusion ou un antidote permettant de traiter à l'ibogaïne la dépendance chimique des femmes en toute sécurité.

ÉVALUATION COGNITIVE

Durant la deuxième phase d'action de l'ibogaïne dans la "Procédure Lotsof", les patients font l'expériences de l'évaluation intellectuelle de leur vie passée et des décisions qu'ils ont alors prises. Cela survient après la phase de visualisation, qui se termine en général abruptement en trois à cinq heures.

Cependant, les variations et réactions individuelles sont la norme et non l'exception dans les paramètres de la Procédure.

Quand diverses décisions furent prises par le patient dans le passé, ces décisions paraissaient, alors, être les seules options possibles.

Cependant, en raison de l'aptitude de l'ibogaïne à provoquer la réévaluation de sa vie, de ses actions, de son comportement, il est possible pour chaque patient de comprendre qu'il existait une ou des alternatives aux décisions qu'il avait prises à l'époque.

Cette connaissance permet au patient de modifier son comportement actuel et de cesser sa dépendance à la drogue.

IMMOBILITÉ

Durant les périodes de visualisation, et se prolongeant dans la phase d'évaluation cognitive, les patients présentent un comportement d'immobilité (Depoortere, 1987).

Des types de vagues du cerveau associés avec le rêve et le sommeil, mais distinct de ces états, sont représentés par l'activité lente rythmée à 4-6 Hz. Ces types EEG sont associés avec un état caractérisé par un manque de mouvement.

Certains des premiers observateurs de la "Procédure Lotsof "(Kaplan, communication personnelle, 1990) croyaient initialement à une paralysie, mais quand on demandait aux patients de se lever et de se déplacer, les patients étaient capables de le faire, bien qu'avec difficulté.

L'ATTÉNUATION DE LA DESCENTE NARCOTIQUE

Un des effets aigus majeurs éprouvé avec le traitement à l'ibogaïne est l'atténuation ou l'élimination de la "retraite" narcotique chez les sujets dépendants des opiacés.

C'est extrêmement important chez les patients narco-dépendants qui vivent dans la crainte de la "retraite" et du manque.

L'expérience de l'équipe soignante montre l'importance extrême de traiter de cet aspect de la procédure.

Les symptômes de "retraite" sont une combinaison de manifestations physiques et, en beaucoup de cas, psychosomatiques qui sont des conduites d'anxiété.

Donc, il est impératif pour le personnel médical et paramédical d'avoir une grande expérience dans l'identification et la distinction de ces variétés de symptômes.

Ci-dessous deux exemples de manifestations psychosomatiques de "retraite" démontrées par deux patients traités hors des États-Unis.

exemple Un

Une fois, je fus appelé dans la chambre par un collègue environ vingt heures après que l'ibogaïne ait été administrée à un homme héroïno-dépendant de vingt-cinq ans. Le patient avait utilisé environ 1/4 de gramme d'héroïne par jour, mais avait accru sa dose quotidienne à deux grammes pendant son séjour aux Pays-Bas.

J'étais informé que le patient se plaignait de spasmes musculaires. Je demandai au patient si c'était vrai, et il répondit par l'affirmative. Je demandai si je pouvais voir ces spasmes. Le patient consentit, me montrant son mollet. Il présentait ce qui paraissait être des mouvements involontaires. Je vérifiai ses pupilles et observai qu'elles n'étaient pas dilatées, d'autre part, il ne présentait aucune autre manifestation de manque. Quand je me tournai vers mon collègue pour discuter, je remarquai que les spasmes du patient avaient cessé.

En réexaminant son mollet, les spasmes revenaient. Je me retournai une fois encore, mais en continuant à le surveiller et les spasmes cessèrent encore.

J'informai le patient que je croyais que les spasmes avaient une origine psychosomatique. Je plaçai un oreiller sous le mollet du patient afin de le soutenir et couvris le patient avec une couverture. Les spasmes disparurent.

exemple Deux

Une autre fois, je reçus un appel d'une personne du DASH qui avait observé de nombreux traitements. Elle m'informa qu'une Yougoslave d'environ vingt ans s'était plainte de "retraite" narcotique durant le traitement à l'ibogaïne.

Cependant, l'observateur du DASH n'y croyait pas car il n'y avait pas de signes observables de manque.

Quand j'arrivai la patiente était assise sur un canapé. Je vérifiai ses pupilles et observai qu'elles n'étaient pas dilatées et demandai si elle était en manque. La patiente le confirma.

"Comment êtes vous en manque? quelles sont les manifestations?" demandais-je.

"Je suis malade," dit-elle ,.

Je lui demandai si ses yeux pleuraient.

"Oui," dit-elle, mais ses yeux ne pleuraient pas.

"Est-ce que votre nez coule?"

"Oui," dit-elle mais son nez était sec.

"Est-ce que vous avez la chair de poule?"

"Oui," dit-elle, mais je lui montrai qu'elle n'avait pas la chair de poule et enfin je dis, "avez-vous la diarrhée?"

"Oui," dit-elle, mais je n'avais aucun moyen de connaître la validité de son assertion.

La patiente demanda que je lui fournisse des fonds pour rentrer chez elle. Je lui dis que je ne pensais pas sage pour elle de partir en ce moment, mais que je lui donnerai de quoi voyager le matin.

Le jour suivant, l'observateur du DASH me dit que la patiente était partie environ quatre heures après notre discussion, en informant l'observateur, comme elle partait, qu'elle n'avait pas été malade, mais avait seulement prétendu qu'elle l'était.

Cet exemple devrait bien démontrer l'intérêt d'administrer les traitements en hôpital avec une équipe médicale complète (psychiatre, neurologue, généraliste, thérapeute, infirmiers, conseiller et avocat du patient) capable d'évaluer à chaque instant tous les problèmes du patient et d'y répondre de façon adaptée.

La plainte d'éprouver la retraite narcotique après avoir quitté l'environnement thérapeutique a été rapportée pour trois cas.

Nous avons fourni des traitements supplémentaires six mois à un an après le traitement initial aux patients qui étaient à nouveau dépendants et qui déclaraient qu'ils avaient éprouvé une certaine forme de "retraite" dans la semaine qui avait suivi leur premier traitement à l'ibogaïne.

Notre groupe de travail a décidé de garder des patients faisant de telles plaintes sous observation pour une périodes supplémentaire égale au nombre de jours durant lesquels les patients prétendaient avoir éprouvé les symptômes de "retraite".

Sous ces conditions de contrôle, nous avons pu observer que les signes de "retraite" rapportés par les patients étaient habituellement des symptômes d'anxiété ou provenaient de l'anxiété que les patients avaient de subir une période de "retraite". Ces symptômes comprenaient écoeurement, diarrhée ou, pour un patient hypertendu, accroissements de la pression sanguine.

Il y eut deux incidents qui ne paraissaient pas liés à l'anxiété où une diarrhée survint cinq à sept jours après le traitement chez des patients qui avaient employé un gramme d'héroïne le jour précédent. Ces épisodes furent aisément contrôlés avec une seule administration d'un médicament approprié et ne survinrent plus.

POST-EFFETS: l'INTERRUPTION DU BESOIN (ABSENCE DE MANQUE)

L'interruption aiguë du besoin de chercher et de prendre des drogues est spécifique à la "Procédure Lotsof" comme traitement des désordres chimiques de dépendance.

Cet effet n'est généralement pas perçu par le patient comme le principal effet de l'ibogaïne (visualisation, évaluation cognitive, immobilité et stimulation résiduelle significative sont plus évidents).

Cet effet est d'autant moins vite perçu que le patient dort un certain temps.

La reconnaissance initiale de l'absence de besoin est habituellement remarquée quarante-huit à soixante-douze heures après l'administration de l'ibogaïne.

Dans une minorité de traitements, l'absence de "craving" peut être évident en vingt-quatre heures.

Le personnel médical, par contre, note habituellement l'absence de besoin chez le patient en quarante-cinq minutes à une heures et demie après l'administration d'ibogaïne.

Notre expérience acquise ces dernières années par le traitement de vingt personnes en dehors des États-Unis a montré que la majorité des patients doit subir une série de traitements avant que les réponses conditionnées par une histoire longue de dépendance chimique puisse être éteinte.

Cependant, pour trois de ces patients, un seul traitement interrompit la dépendance chimique pour un minimum de deux années.

L'avantage de l'ibogaïne est qu'elle fournit des périodes libres de tout besoin durant lesquelles psychiatre, travailleur social, thérapeute, para clinicien et patient peuvent agir au sein d'un groupe cohérent pour obtenir un état de non-dépendance à long-terme.

LE SOUTIEN PSYCHOSOCIAL

Tous les aspects habituels des traitements des problèmes de dépendance chimiques sont communs au traitement à l'ibogaïne.

La connaissance des caractéristiques du patient en termes de psychopathologie, comportement, intégration sociale, sont indispensables à l'équipe de postcure pour l'aboutissement de traitement.

En des cas rares, quand le patient a déjà les qualités culturelles et professionnelles requises pour réussir socialement, la tâche peut être relativement plus facile.

Dans les cas où le patient n'a pas les potentialités de réinsertion sociales décrites ci-dessus, où s'il est sous traitement pour d'autres motifs que la dépendance, il est nécessaire de le faire prendre en charge par une structure de soutien psychosocial.

Un trauma subi par le patient durant l'enfance paraît tenir une place importante dans son rapport à l'amour et le sentiment d'abandon qui sont communs à beaucoup de patients traités (Bastiaans, 1991).

Tous les moyens de soutien psychosocial doivent être disponibles pour le patient après l'achèvement d'un traitement à l'ibogaïne.

Leur emploi devrait dépendre de l'évaluation des besoins du patient et de ses progrès. Une des premières différences est, pour les travailleurs sociaux, conseillers ou thérapeutes offrant un soutien psychosocial dans la postcure ibogaïne, (en comparaison aux patients non traités) la rapidité avec laquelle le soutien peut et doit être fourni pour aider le patient à atteindre des buts et prendre des décisions.

L'ibogaïne présente un créneau d'opportunité, libre de symptômes, dont patient et thérapeute doivent tirer parti.

Un patient a dit: "l'ibogaïne et "12-Step" (groupe) les deux aident à entrer en contact avec son âme".

L'ibogaïne est comme un combustible de fusée pour ce procédé. (Le village Bat, 1990). Cela donne les moyens d'agir rapidement et d'aider très efficacement le patient à définir ses buts tandis que celui-ci a l'aptitude et le désir de le faire.

L'Ibogaïne provoque généralement chez le patient un état psychologique très réceptif. Cela produit un rapport entre patient et thérapeute très gratifiant et bénéfique, mais requiert de la personne fournissant le soutien psychosocial un travail plus dur et plus rapide que la norme pour un autre traitement.

Antérieurement à l'emploi de l'ibogaïne dans le traitement de dépendance chimique, il fallait au thérapeute de trois à vingt-quatre mois (Judd, communication personnelle, 1993) en utilisant les méthodes traditionnelles d'aide au patient pour lui permettre d'être libéré de sa dépendance (Kaplan et al., 1993).

Le traitement à l'ibogaïne présente cet avantage qu'il permet à l'équipe de soutien psychosocial d'assister le patient dans les décisions qui permettent la normalisation de ses conduites et son intégration dans la société comme homme accompli et productif.

Beaucoup des paramètres habituels de distance entre le thérapeute et le patient ne sont pas efficaces dans le traitement à l'ibogaïne. Les patients requièrent une directivité plus proche et plus intensive, et sont généralement plus ouverts à celle-ci. Ils demandent une intervention plus rapide pour réapprendre les conduites sociales et à surmonter et comprendre objectivement les divers traumas éprouvés durant leurs vies. L'ibogaïne n'est donc pas un traitement pour cliniciens dont la préférence va à gérer simplement une pilule ou tablette et se distancier de leurs patients.

LA RÉDUCTION DU BESOIN DE SOMMEIL

Dans tous les cas, l'ibogaïne réduit temporairement le besoin de sommeil du patient à trois ou quatre heures par nuit.

Cet effet peut durer un mois ou plus, revenant graduellement à la normale. Deux théories ont été mises en avant concernant la cause de cet effet.

Une théorie suggère que la réduction du besoin de sommeil est due à une lente biodégradation de l'ibogaïne ou de l'un de ses métabolites.

C'est à mettre en regard avec l'étude pharmacologique conduite à l'université de Miami (Mash, 1995).

La deuxième théorie suggère que la cause est due à la diminution des besoins psychologiques en sommeil associés à la nécessité de rêver. L'évidence soutenant cette théorie est que l'ibogaïne déclenche une émulation intense du rêve qui dure de nombreuses heures durant sa période aiguë d'activité.

La réduction du besoin de sommeil est perçue par la majorité des patients comme un inconfort, car ils ont employé les drogues et le sommeil comme un mécanisme de fuite.

Ceux-ci peuvent requérir une certaine forme douce de sédation durant le premier jour suivant le traitement avec l'ibogaïne. Des précautions normales doivent être prises pour fournir des sédatifs à des personnes ayant une histoire de dépendance chimique.

Dans une minorité de cas, les patients ont employé ce temps nouvellement disponible comme un avantage dans leur travail.

LES EFFETS LONG-TERME

Les effets long-terme sont ceux qui peuvent être notés de un à vingt-quatre mois après le traitement, et en certains cas même plus tard.

Trois exemples illustrent ce point.

Exemple Un

Un couple héroïno-dépendant était traité. La femme de 26 ans était

une toxicomane relativement nouvelle de trois mois tandis que son mari de 27 ans avait une histoire de dix années d'emploi d'héroïne.

Lors de leur traitement, un protocole de traitement individuel était suivi. C'était un traitement qui débutait et le personnel médical et paramédical de soutien se familiarisait lui même avec ce qui pourrait être attendu durant un tel traitement.

Des parties des traitements étaient observées par Dr. Carlo Contoreggi, Directeur Médical adjoint du centre de recherche sur l'addiction de l'Institut National sur la toxicomanie de Baltimore et Dr. Lester Grinspoon de l'École de Médecine de Harvard.

L'époux fut traité le premier, et sa femme fut totalement coopérative et aida durant son traitement.

Le lendemain, quand on administra sa dose ibogaïne, à la femme, son époux exigeât qu'il lui soit permis de quitter sa chambre et de rester au lit avec elle.

Il informa le personnel médical et paramédical présent que s'il n'obtenait pas ce qu'il désirait, il créerait un dérangement en interférant avec le traitement de sa femme. Plutôt que de traiter avec un patient belligérant et fâché, nous décidâmes qu'il serait moins nocif de l'accepter. Il dérangeait continuellement sa femme durant son traitement. Il résulta de cette expérience une politique de traitement simultané des couples dans des pièces séparées.

Il récupérait avant sa femme, comme elle avait ingéré l'ibogaïne vingt-quatre heures après son traitement.

Il se plaignit qu'il était mal dans le lit et qu'il n'était plus capable d'y rester et demanda la permission d'aller faire un tour à bicyclette.

Sur son départ, sa femme craqua et pleura dans les bras d'une para clinicienne, disant qu'elle ne savait pas si elle devait rester avec son mari mais qu'elle avait peur qu'il meure si elle le partait.

C'était une chose qui la stressait continuellement.

Après le traitement, il continua de contrôler les contacts de sa femme avec les autres personnes, y compris l'équipe soignante.

Nous avons appris ultérieurement qu'ils étaient tous les deux retournés à l'emploi d'héroïne.

Cependant, trois mois plus tard, la femme s'aperçut que son mari était incapable de s'aimer lui-même et que ce n' était pas la vie qu'elle voulait. Elle arrêta l'héroïne, s'inscrivit dans une école d'infirmières, entama une procédure de divorce, et se spécialise maintenant en psychiatrie.

Alors qu'au début elle ne reconnaissait pas que sa décision d'arrêter l'héroïne était due à son traitement à l'ibogaïne, comme le temps passait, elle réalisa que sa détermination à changer sa vie avait bien été catalysée par son expérience avec l'ibogaïne.

exemple Deux

Un patient dépendant de la cocaïne/cocaïne-base fut traité avec la Procédure Lotsof et éprouva une interruption franche de son emploi de drogue. Durant son traitement à l'ibogaïne, il eut la forte impression que, si il continuait l'emploi de drogue, Dieu le punirait.

Il ne se drogua pas pendant environ trente jours, après quoi il reprit progressivement.

Il subit alors un nouveau traitement. Il vomit sa dose et dut recevoir une administration rectale. Son emploi de drogue a continué, mais nettement au-dessous de son niveau original.

Environ six mois après son deuxième traitement, le premier groupe de thérapie à l'ibogaïne parrainé par "the International Coalition for Addict Self-Help", dirigée par le psychothérapeute Barbara Judd, CSW, était établi en New York.

Le patient assista aux séances jusqu'à quinze mois après son traitement originel, jusqu'à ce qu'il admette qu'il devait changer d'environnement.

Et donc il déménagea en Floride.

En Floride, il ne se drogua plus, bien qu'il ait accès à la cocaïne.

Il est employé dans une entreprise de construction avec des principes stricts de non emploi de drogue. Entreprise créée et gérée par d'anciens toxicomanes.

exemple Trois

Un des concepts les plus importants acquis par des personnes traitées avec l'ibogaïne est que la toxicomanie est réversible.

Les personnes dépendant de drogues telles que opiacés ou cocaïne ne sont pas capables de reconnaître que leur dépendance chimique est un phénomène réversible.

Ce troisième exemple est la seule personne chimico-dépendante de l'étude 1962-1963 à recevoir une série de traitements à l'ibogaïne de niveaux thérapeutiques. L'individu est resté libre de toute dépendance pendant trois ans et demie a la suite de sa série de traitements.

Durant cette période il déménagea en Californie, se maria, et travailla dans la vente pharmaceutique. Il perdit ultérieurement son travail et retourna, à New York, à une activité de petit dealer, se fit arrêter et emprisonner.

Après sa libération, il travailla comme machiniste, et retourna lentement à l' emploi d'héroïne en 1969. Par chance, c'était une période où se développaient les programmes de méthadone, il entra au Beth Israël Hospital. À cette époque, les programmes étaient bien équipés avec des docteurs, infirmières et les conseillers adéquats, et le patient atteignit un tournant dans sa vie quand il reconnu que sa vie d'héroïnomane n'était pas ce qu'il voulait. Ce n'était pas juste l'héroïne, mais l'existence elle-même, quand une vie humaine est sans valeur, où un homme peut tuer pour deux centimes d'une poudre inoffensive dans une enveloppe glacée. Le patient était prêt à abandonner héroïne, mais était esclave de l'emploi de l'opiacés pour soulager son angoisse.

Sur une période de plus de deux années, le patient se stabilisa lui-même à la méthadone. Il essaya l'héroïne une ou deux semaines après avoir commencé la méthadone, fut satisfait avec le niveau d'obstruction que la méthadone lui offrait, et n'employa jamais plus l'héroïne.

Durant les années suivantes le programme méthadone changea. Beaucoup de conseillers compétents furent incapables de continuer en raison du stress et de la frustration que leur procurait leur travail. L'administration fédérale plaçait de plus en plus de restrictions sur la liberté de mouvement des patients sous méthadone et, quoique la méthadone soit prévue pour une période d'efficacité de vingt-quatre heures, ce n'était pas souvent le cas.

Pour ce patient, des signes de "retraite" apparaissaient de dix-huit et vingt-quatre heures après l'administration. Le patient commença un procédé lent de désintoxication de 100mg de méthadone par jour qui prit environ dix-huit mois.

La fin de la désintoxication fut suivie par l'entrée du patient en formation à l'université, pour laquelle il avait obtenu une bourse.

Après la désintoxication, la philosophie était que les patients ne pouvaient plus obtenir de méthadone.

Cependant, grâce à son expérience antérieure de ibogaïne, le patient savait que le processus était réversible. Cette connaissance lui permit de vaincre définitivement la dépendance.

LES TRAITEMENTS ACTUELS: UN RAPPORT PERSONNEL

Le rapport suivant est d'un type de patient que nous avions recherché depuis des années: un médecin qui demandait à être traité à l'ibogaïne. Le sujet était chimiquement dépendant de 600mg de Demerol par jour, et avait essayé d'arrêter sa drogue plusieurs fois sans jamais y parvenir. Notre intérêt particulier pour ce sujet était l'espoir que, comme médecin, il pourrait nous fournir avec une certaine perspicacité professionnelle les résultats de son traitement. Il garda des annotations et prépara un rapport sur les quatre doses différentes qu'il reçut. Son rapport est présenté en dessous dans son intégralité.

Ce sujet avait d'une plus grande sensibilité à l'ibogaïne que tout autre individu traité en dehors des États-Unis, et eut une pleine expérience avec une dose de 10mg/kg. Le patient participait à un protocole de recherche qui prévoyait une dose intermédiaire de 10mg/kg ibogaïne Cette dose était gérée comme séparée d'une étude pharmacologique et n'était pas sensée avoir un effet thérapeutique, mais elle l'eut. Comme partie du protocole, il était aussi prévu une dose thérapeutique connue de 20mg/kg.

1er jour - 100mg (dose d'essai #1)

Je pris ma dose ibogaïne, allai me coucher et restai allongé. Je ne ressentais rien, jusqu'à ce que le personnel médical arrive pour faire le test de une heure. J'étais surpris parce que je pensais que j'avais pris l'ibogaïne environ 20 minutes plus tôt. Quand je me levais, je ressentais une petite somnolence, et il m'était difficile de marcher en ligne droite.

Je ressentais de la photophobie et chaque petit bruit semblait être beaucoup plus fort qu'en réalité. Les sons étaient très troublants.

Durant les tests de la deuxième heure, les symptômes étaient pires. Il m'était très difficile de marcher en ligne droite, et la pièce semblait battre, comme un coeur. J'étais très fatigué et la seule chose que je voulais était de me reposer sur le lit. Chaque mouvement de tête aggravait les choses.

Quand je me levai pour les tests de la troisième heure je ressentis que les symptômes disparaissaient. J'étais très affamé et mangeai.

Après manger, j'étais un peu nauséeux. Durant les heures suivantes je ne ressentis rien, à l' exception de la sensation que mes images mentales étaient plus riches en détails qu'avant, comme un film 3-D. Je ne mangeais avec aucun écoeurement, dormis très bien, et me réveillai en très bonne forme.

2ème jour - 25 mg (dose d'essai #2)

Après cette dose ibogaïne je ne ressentis rien de différent de mon état normal.

3ème Jour - 10 mg/kg (dose expérimentale)

Dans les deux premières heures je ressentis une petite différence, comme si j'avais fumé de la marijuana. J'étais très calme et détendu et toute la tension du début du traitement était partie.

La pièce semblait être légèrement différente et les couleurs autour moi plus aiguës que d'habitude. Les lumières et les sons me troublaient, comme la première fois. Soudain, avec mes yeux fermés je commençai à voir des images qui paraissaient sur un écran, exactement comme la T.V. ou un écran de cinéma. Ces écrans apparaissaient en petites tailles et devenaient plus grands quand je concentrais mon attention sur eux. Des fois ils apparaissaient petits et commençaient à croître, comme si je marchais dans leur direction, et des fois ils allaient de gauche à droite dans un mouvement continu. Les images sur les écrans bougeaient d'un mouvement lent et étaient très nettes et bien définies. Je voyais des arbres bougeant avec le vent, un homme avec des cloches dans les mains, divers paysages avec des montagnes et le soleil couchant. A ce moment j'étais un petit peu nauséeux, et quand les docteurs me demandèrent de me relever pour certains essais, je vomis. Sur les centaines d'images que je vis ce jour là, j'en reconnus seulement deux: la première, une image de moi-même enfant, statique comme un photo. Cette image commençait à approcher et grandir, mais quelque chose arriva dans la pièce et j'ouvris mes yeux, perdant l'image.

La deuxième image que je reconnus était des chevaux dansant dans un cirque. C'était un spectacle T.V. que j'avais vu deux jours plus tôt.

Le temps semblait aller très vite, parce qu'après environ quatre heures (dans mon esprit), ils me dirent que j'avais pris l'ibogaïne neuf heures auparavant!

Il était très difficile pour moi de parler en anglais ou en espagnol. J'étais seulement capable de parler dans ma langue maternelle.

A ce moment les images commencèrent à apparaître à un rythme plus lent et les deux heures suivantes je voyais seulement des écrans vides.

Environ 10-11 heures après le début de l'expérience ils disparurent.

Je mangeai très bien et restai éveillé toute la nuit, tombant endormi seulement vers 7 heures du matin, presque 24 heures après l'ingestion du médicament.

Durant la nuit j'eus des aperçus pénétrants sur ma vie et sur des événements que je me rendis compte avoir mal gérés.

Je restais tout le jour suivant très fatigué, endormi, mais très heureux et détendu, dans un état que je n'avais jamais connu auparavant.

5ème jour - 20 mg/kg (dose thérapeutique)

Les 3 premières heures furent similaires: photophobie et une mauvaise sensation avec des petits bruits.

Après cela, les images commencèrent à apparaître, en un rythme plus lent que la fois précédente. Il y avait moins d'images, mais je les reconnaissais

toutes comme faisant partie de mon enfance. Je me voyais jouant dans la ferme de mon père, montant une moto, jouant avec un cousin, alimentant un poisson et d'autres choses.

Je voyais quelques images récentes comme une de mon père, riant dans le living-room de ma maison. Cela était arrivé environ une année auparavant. Je comprenais que j'avais eu une enfance heureuse, et il n'y avait personne à blâmer pour ma dépendance, seulement moi-même. Je ressentais leur amour venir de mes parents et amis. Je ressentais la même distorsion de temps que j'avais ressentie l'autre jour, et après plusieurs heures j'eus soudain une révélation: mon esprit et l'univers sont la même chose, et tous les gens dans l'univers et toutes les choses dans l'univers sont un.

Je voyais toutes les erreurs que j'avais faites dans ma vie, toutes les attitudes que je n'aurais pas dues avoir, et cela m'aida à décider très fortement que je n'emploierai jamais plus le Demerol.

Maintenant je peux voir très clairement que je n'ai pas besoin de Demerol pour vivre ma vie. Et je me sens meilleur (mieux) si je ne l'emploie pas.

Durant les premières 8 heures après la prise ibogaïne je vomis 4 ou 5 fois, toujours quand j'essayais de bouger. Je fus capable de dormir à partir de 4 heures du matin et de manger seulement le lendemain matin à 9 heures.

Je me réveillai faible, fatigué et assoupi. Comme les heures passaient, je dormis un peu et commençai à me sentir mieux et le matin du jour suivant j'étais normal."

Les différences après l'expérience, dans la vie de tous les jours

"Je revins à ma vie normale sans aucun besoin de drogue, avec meilleur appétit qu'avant, et beaucoup plus sûr de moi.

Maintenant je peux voir que certains aspects de ma personnalité, ont changé. Par exemple, j'évitais de conduire la nuit, parce que cela me rappelait un accident de voiture que j'avais eu des années auparavant. Maintenant je peux conduire, jour ou nuit, sans anxiété. Je suis sûr que c'est dû à l'ibogaïne, parce que maintenant je ne suis plus la personne très anxieuse que j'étais.

Je ne suis pas aussi timide qu'avant. Il m'est plus facile maintenant de contredire les gens quand je pense qu'ils ont tort et j'arrive à leur faire comprendre ce que je veux et ce que je pense. Avant, j'avais l'habitude d'accepter tout ce que les gens disaient seulement pour éviter une discussion, même quand j'étais sûr que mon point de vue était le bon.

Ce sont les principaux résultats de mon expérience de ibogaïne et les différences principales je peux percevoir en si peu de temps."

Quelques Mois plus tard

"La chose la plus importante que j'ai apprise est que je ne dois jamais sous-estimer la profonde tendance à prendre de la drogue qui sommeille en moi. Je ne peux jamais dire "Je suis guéri" parce que si je fais cela, j'oublierai de me protéger contre des pensées d'utilisation de drogue.

Je dois savoir que ma maladie chronique restera en veilleuse tant que je ne lui donnerai pas une chance de croître. Cette décision est une décision tout à fait consciente. Si ma vigilance faiblit, la maladie sera incontrôlable en quelques jours.

Mais, si je peux être assez fort pour prendre un contrôle honnête et réel de mon envie de Demerol, je serai libre pour toujours.

Quelques jours auparavant, pour des raisons professionnelles, je devais garder jusqu'au lendemain deux doses de Demerol avec moi. Je les remis à ma femme. Et j'étais ébahi de voir comme je n'avais pas d'envie de les prendre mais de les donner aux patients qui en avaient besoin. J'ai clairement senti que le Demerol était une chose déplacée dans mon environnement. Je n'essayai pas de savoir l'endroit où ma femme les avait mises, je ressentais ni envie ni besoin. Je pensais seulement au moment où je pourrai les donner au patient et dire: je l'ai fait, et je le fis, grâce à vous du NDA.

Je ne veux pas vous ennuyer plus longtemps, mais je n'ai pas de mots pour dire combien nous sommes reconnaissants ma famille et moi. Je ne vous oublierai pas de toute ma vie."

Inutile de dire que ce patient particulier possédait des avantages pour l'aboutissement de son traitement. Il avait une carrière, était hautement motivé, et ne requérait pas le soutien psychosocial significatif requis par bien d'autres patients qui n'ont pas son arrière-plan.

RESUME

Nous avons seulement été capables de garder la trace d'une minorité significative de vingt-cinq patients pour des observations ultérieures. Dans beaucoup de cas nous avons entretenu le contact direct avec les patients pour seulement deux mois après le traitement. En un seul cas, pour cinq ans.

La difficulté concernant le contact avec les patients est due à la diversité de leur origine géographique (pays, villes)...

Les conclusions générales basées sur des observations de l'étude sont qu'une simple administration ibogaïne est un interrupteur des dépendances toxicomaniaques.

Une série de traitements sur une période de temps plus longue produira plus de résultats significatifs.

Le traitement à l'ibogaïne permet de libérer complètement, (ou pour une période de une à plusieurs années) les personnes traitées de leur dépendance et de leur consommation d'opiacés et excitants tels que la cocaïne et la nicotine.

Les données sur la dépendance à l'alcool sont insuffisantes

Un simple traitement à l'ibogaïne peut atténuer considérablement le besoin d'opiacés chez tous les patients.

Dans quatre-vingt-dix pour-cent des cas traité, un seul traitement peut interrompre le besoin d'un individu de continuer l'emploi de drogue pour des périodes de temps allant de deux jours à deux ans et demie.

D'autre part, l'ibogaïne a démontré sa capacité à libérer des souvenirs refoulés et à développer un process d'abréaction.

Je crois que ce sont les aspects les plus importants de la capacité de l'ibogaïne à interrompre la dépendance chimique.

Afin d'obtenir le plus grand bénéfice dans le traitement à l'ibogaïne, une structure de soutien psychosocial doit être mise en place.

La compréhension des modes d'action de ibogaïne peut fournir d'importantes données sur la mémoire, l'apprentissage, les rêves et le sommeil, aussi bien que sur les toxicomanies.

Remerciements

l'auteur reconnaît l'assistance éditoriale de Norma E. Alexander; Rick Doblin; William J. Gladstone; David Goldstein; Barbara E. Judd, CSW; Daniel Luciano MD; Natalie Chantel Luke; Piotr Popik, MD; Bruce H. Sakow; Bob Sisko; Sylvia Thyssen; Boaz Wachtel et Rommell Washington. l'auteur remercie: N. Adriaans; N. Alexander; Z. Amit, Ph. Le D; J. Bastiaans, MD; P.A. Broderick, PhD; C. Contoreggi, MD; M.R. Dzoljic, MD; E. Della Sera, MD; G. Frenken; W.J. Gladstone; S.Le D. Glick, MD; O. Gollnhofer, PhD; R. Goutarel, MD (décédé); C. Grudzinskas, PhD; B.E. Judd, CSW; J.S. Kahan, Esq; C.Le D. Kaplan, PhD; D. Luciano, MD; D.C. La pâtée, PhD; G.J. Le Prude l'Homme, Esq; L. Rolla, PhD; Le B.H. Sakow; J. Le Sanchez-Ramos, MD; B. Sisko; H. Sershen, PhD; Franc Vocci, PhD, B. Wachtel; R. Washington; Curtis Wright, MD et tous les patients volontaires pour leur courage, leur science et la coopération qu'ils ont fournis


Contribution à l'étude de l'Iboga

Ibogaine dans le traitement des symptômes aigus d'abstinence

Les perspectives cliniques

 

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